Participez à une réflexion internationale sur les mutations des médias, de l’intelligence artificielle et de la démocratie, et contribuez aux débats sur les imaginaires communicationnels, les droits humains et les futurs numériques inclusifs.

Médias, Intelligence artificielle et Démocratie
Imaginaires communicationnels dans un monde numérique fragmenté
Introduction générale
Dans un contexte marqué par la montée de la désinformation, la fragmentation des espaces publics numériques, l’influence croissante des plateformes et les mutations rapides de l’intelligence artificielle, la Conférence internationale annuelle d’ORBICOM 2026 invite la communauté scientifique et professionnelle à contribuer à une réflexion collective sur les transformations contemporaines de la communication, de la démocratie et de la gouvernance numérique.
Organisée du 27 au 30 octobre 2026 à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), au Québec, Canada, cette édition portera sur le thème : « Médias, Intelligence artificielle et Démocratie : imaginaires communicationnels dans un monde numérique fragmenté ».
Cet appel à communications s’adresse aux chercheur·e·s, enseignant·e·s-chercheur·e·s, doctorant·e·s et professionnel·le·s souhaitant contribuer aux réflexions autour des médias, de l’intelligence artificielle, de la démocratie, des droits humains, de la participation citoyenne et de la gouvernance numérique.
La conférence entend offrir un espace de dialogue international, interdisciplinaire et critique, permettant d’examiner la manière dont les dispositifs médiatiques, les plateformes numériques et les systèmes d’IA redéfinissent aujourd’hui la circulation de l’information, les rapports de pouvoir, les formes de participation politique ainsi que les imaginaires démocratiques. Elle vise également à faire émerger des perspectives concrètes pour un avenir numérique plus démocratique, inclusif et responsable.
Les propositions attendues pourront s’inscrire dans l’un des axes thématiques de la conférence et devront contribuer, par leur approche théorique, empirique ou professionnelle, à enrichir les débats sur les enjeux actuels de la communication dans un monde numérique en profonde recomposition.
Calendrier important
| Stage | Date |
|---|---|
| Date limite de soumission des résumés | June 1, 2026 |
| Évaluation des résumés | June 1 – June 22, 2026 |
| Invitation pour les communications sélectionnées | July 1, 2026 |
| Publication du programme | July 15, 2026 |
| Date de soumission de la communication par écrit (optionnel) | October 15, 2026 |
| Conférence | October 27–30, 2026 |
Publication
Une publication collective sera envisagée pour les personnes souhaitant être contributeur.trice pour la rédaction d’un chapitre.
Axes thématiques
Cet axe interroge le rôle de la littératie médiatique et numérique dans la formation et le développement des compétences des citoyens, des acteurs sociaux et des décideurs publics, dans un contexte où les tensions politiques, géopolitiques et diplomatiques liées à la désinformation, à la propagande et aux conflits informationnels sont exacerbées. Les contributions aborderont également le rôle des plateformes numériques et des systèmes d’IA comme infrastructures de pouvoir et de manipulation de l’information. Ainsi, il sera question de souveraineté informationnelle mais aussi des questions d’asymétries Nord-Sud dans ce domaine, et de la continuité et discontinuité entre autoritarisme numérique et analogique. Une attention sera aussi accordée aux formes d’intervention, de réaction, de mobilisation et d’engagement qui se déploient dans les espaces numériques. Seront également bienvenues les contributions qui analysent la dimension géopolitique de la circulation de l’information, les guerres hybrides, les campagnes d’influence et les stratégies de résilience citoyenne.
L’axe 2 se concentre sur les tensions entre déploiement des technologies émergentes (IA générative, systèmes de surveillance, mégadonnées) et protection des droits humains. Il s’agit d’examiner comment les biais algorithmiques, les discriminations automatisées et la collecte massive de données reconfigurent les notions de vie privée, de libertés publiques et de justice sociale (Revel, 2024 ; Konin & Beugré, 2024 ; Noble, 2018). En effet, l’IA générative a par exemple contribué à la mise en lumière des biais algorithmiques et discriminations et complexifié ce qui relève de la protection des données, de la surveillance et de la vie privée. Nos droits et libertés numériques sont questionnés par deux tendances parfois contradictoires : d’un côté, le principe de liberté d’expression, et de l’autre, la modération des contenus et la responsabilité des plateformes dans la protection des diversités. Les propositions pourront ainsi porter sur les cadres juridiques et normatifs visant l’encadrement de l’IA et des plateformes, ainsi que leurs limites ; la gouvernance mondiale de l’IA et la place respective des acteurs publics, privés et multilatéraux ; les enjeux de protection des données, de surveillance et de sécurité dans différents contextes (démocratiques, autoritaires, postconflits) ; les tensions entre liberté d’expression, modération des contenus, lutte contre la haine et responsabilité des plateformes ; les nouvelles formes de souveraineté et de vulnérabilité engendrées par les architectures numériques. Les réflexions critiques sur la notion même de « régulation » à l’ère des algorithmes, ainsi que les études comparatives entre régions du monde, sont particulièrement encouragées.
des environnements numériques fortement plateformisés. Dans le prolongement des travaux sur les industries culturelles, les imaginaires mondiaux et la plateformisation, il s’agit d’interroger les conditions de visibilité et de circulation des cultures minorisées, des langues non hégémoniques et des savoirs situés. Les contributions pourront, entre autres, explorer : les défis auxquels font face les langues minoritaires et les cultures marginalisées dans les systèmes d’IA et les plateformes de diffusion ; les formes d’invisibilisation des savoirs locaux, autochtones et populaires, et les stratégies de mise en valeur et de valorisation des patrimoines culturels/linguistiques ; les dynamiques de colonialisme numérique et de dépendance technologique ; le rôle des médias, des plateformes et des politiques culturelles dans le pluralisme médiatique et culturel ; ou encore les rapports de minoration, d’influence et de domination symbolique dans les environnements médiatiques et numériques. Seront appréciées les perspectives comparatives, les études de cas régionales et les approches critiques qui articulent diversité culturelle/linguistique, souverainetés culturelle et numérique et justice culturelle ou épistémique.
Le rôle du journalisme se transforme face aux changements technologiques, alors qu’il est essentiel pour la confiance et l’espace public. L’axe 4 s’intéresse aux mutations du journalisme dans un contexte de crise économique, de désinformation et de plateformisation de l’espace public. Il interroge la manière dont les transformations technologiques, y compris l’IA et les algorithmes de recommandation, affectent la production d’information, la confiance du public et les conditions d’existence d’un journalisme d’intérêt public. Les propositions pourront porter sur : les modèles alternatifs de journalisme (médiactivisme, journalisme communautaire, coopératives, médias indépendants) et leurs rapports aux plateformes ; l’impact des logiques algorithmiques sur la visibilité des contenus journalistiques, sur la hiérarchie de l’information et sur la formation de bulles informationnelles ; la sécurité des journalistes, les violences numériques, les attaques coordonnées et les pressions politiques ; le rôle du journalisme dans l’éducation civique et médiatique, la lutte contre la désinformation et la reconstruction de la confiance ; les recompositions de l’espace public à l’ère des réseaux socionumériques. Les analyses qui articulent niveau local, national et transnational, ou qui prennent en compte les réalités des pays du Sud et des contextes autoritaires, sont particulièrement bienvenues.
Cet axe porte sur les enjeux éducatifs liés à la transformation numérique des sociétés. Il aborde l’éducation aux médias et à l’information, la citoyenneté numérique et le développement de la pensée critique dans des environnements où la participation en ligne est à la fois encouragée et encadrée par des logiques de plateforme. Les contributions pourront aborder : les politiques et pratiques d’éducation formelle, non formelle et informelle à la MIL et au numérique, du primaire à l’éducation des adultes ; le rôle des universités, des médias, des bibliothèques, des organisations de la société civile et des chaires UNESCO comme écosystème éducatif ; les nouvelles formes de participation politique des jeunes à travers les plateformes (mobilisations, activisme, engagement ponctuel ou durable) ; les tensions entre adaptation aux dispositifs numériques (acquérir des compétences techniques) et émancipation (capacité à critiquer, détourner, transformer ces dispositifs).
Cet axe met l’accent sur les infrastructures sociotechniques (données, réseaux, plateformes, architectures informationnelles) qui soutiennent la vie démocratique, ainsi que sur les questions de littératie en IA et de contrôle démocratique des systèmes. Les contributions pourront explorer : les articulations entre infrastructures numériques, gouvernance, contrôle démocratique et supervision des systèmes d’IA ; la conception des plateformes, la transparence algorithmique, les exigences d’audit et les mécanismes de reddition de comptes ; les initiatives visant à développer une littératie en IA et des capacités critiques chez les citoyen.ne.s ; les enjeux d’interopérabilité, de résilience et de souveraineté des infrastructures démocratiques face aux plateformes et aux acteurs géopolitiques ; les tensions entre logiques d’optimisation (efficacité, performance) et logiques de démocratie (délibération, pluralisme, etc.). Cet axe se prête particulièrement aux travaux interdisciplinaires croisant communication, science politique, droit, informatique, études STS, économie politique du numérique et philosophie.
L’articulation de ces différents axes vise à nourrir le débat scientifique sur les implications démocratiques de la plateformisation, de la gouvernance algorithmique et de l’IA, tout en constituant un laboratoire d’idées pour un futur démocratique, inclusif et soutenable. Une attention particulière sera portée aux perspectives comparatives et aux voix provenant de différentes régions du monde, notamment des pays du Sud et des espaces francophones.
Formats attendus
La participation peut prendre deux formes :
Visiteurs
les personnes qui souhaitent participer à l’événement en tant que visiteurs et qui ont besoin d’un visa sont priées de contacter les organisateurs par e-mail, en indiquant leur nom/fonction/organisation/pays/numéro de passeport afin de recevoir une invitation dans les meilleurs délais.
Intervenants
les intervenants potentiels peuvent envoyer un résumé de 300 à 500 mots de leur communication et seront contactés une fois le processus de sélection terminé.
Langue et format : La conférence se déroulera principalement en anglais et en français, certaines sessions étant proposées en espagnol. Les tables rondes peuvent être organisées dans l’une ou l’autre de ces langues.
Consignes de soumission
Pour être examinée, chaque proposition devra comprendre :
- Titre de la proposition
- Nom et prénom de l’auteur (ou des auteurs)
- Affiliation institutionnelle
- Adresse courriel
- Résumé de 300 à 500 mots
- Biographie courte
- Langue de présentation souhaitée
Modalités de dépôt
Les propositions devront être déposées en ligne via la plateforme.
Critères de sélection
Les propositions soumises seront évaluées par le comité scientifique sur la base des critères suivants :
- La pertinence de la proposition au regard de la thématique générale de la conférence ;
- La qualité scientifique de la contribution ;
- L’originalité de l’approche proposée ;
- La clarté de la problématique et des objectifs de la communication ;
- La cohérence méthodologique de la démarche présentée ;
- L’intérêtinterdisciplinaire et/ou international de la proposition ;
- La contribution de la communication aux réflexions sur les médias, l’intelligence artificielle, la démocratie et la gouvernance numérique.